Exposition « Choses sur papier »

Du 12-09-2017 au 30-09-2017

Dessins et encres de Chine
Exposition présentée par l’artiste peintre stéphanoise Agnès Mariller. " Partant de la posture de me prendre comme modèle, objet et non sujet, j’utilise depuis plusieurs années ce personnage archétypal dont le reflet est dépossédé de personnalité pour n’être que « corps- lieu », une in-carnation. Dans ce dispositif contraignant et répétitif de ce corps bipolaire –modèle et peignant-, je cherche la tension, tension du corps. Ajouter le masque animal ou humain, le nez rouge, c’est travailler sur l’altération du visage quand le visage est pris dans sa valeur métonymique, rendre compte du réel, de l’événement qui porte atteinte au visage, à l’être. Sans pathos avec dérision et grotesque. « Un masque est un visage qui cachemontre, un masque moque. Un masque en dit longs, c’est-à-dire, trop long, pas assez long et rien du tout. Un tas d’êtres en entrelacements se tapit dans le masque. » Hélène Cixous Ciguë Sur la toile, je livre l’ahurissement, l’hébétude du corps, du visage offerts. Je suis dans une peinture qui ne veut pas se faire oublier. Une peinture qui affirme sa tangibilité, sa rugosité, sa faillibilité. J’essaie de travailler dans cette acuité mêlant coulures de jus et affleurement de la touche. L’onctuosité de l’huile contre l’âpreté de la toile, l’épaisseur et les coulures. Une peinture qui n’est que ça. La taille, la forme disent l’humain. Souvent, la toile est posée à même le sol. Tout doit se jouer dans une envergure moyenne, à portée de main, à portée de corps. Puisque posant, je peins. Broder et peindre participe du même procédé de retranchement et de ressassement, j’y travaille de la même façon avec un corps bridé, en tension. C’est pourquoi, j’utilise la broderie dans des installations autour de la peinture. Je veux rendre compte du et avec du ténu, de l’insignifiant comme ces morceaux de drap portant traces, « jours », ravaudages. Les installations permettent la circulation du sens, du sens entre les toiles, dans chassé-croisé, une résonnance, un débordement aussi. Et toujours le recommencement, la nécessité, je suis dans cette veine depuis plusieurs années : je veux travailler cet épuisement de la forme, tout extirper à l’image par l’intermédiaire de la série." Agnès Mariller
Langue(s) parlée(s)
  • Français
Période
  • Automne
  • Eté
Thème
  • Arts plastiques / graphiques