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Saint-Étienne : Cultivons l'avenir

Historique du musée

En 1833 est créé le musée de Fabrique. Abritant des collections rassemblées par les notables de la ville, il se veut conservatoire et “vitrine ” de la production de l’industrie d’art stéphanoise. Dix ans après l’achat de la prestigieuse collection d’armes du Maréchal Oudinot en 1851, l’ensemble des collections est installé au Palais des Arts, tout juste achevé.

Le projet de Marius Vachon ou la naissance du musée d’Art et d’Industrie (1889).

Un publiciste d’origine stéphanoise, Marius Vachon, est chargé par le Ministère des Beaux-Arts et de l’enseignement, d’étudier sur le terrain les musées et écoles d’art en France et en Europe. Ses rapports d’enquête, qui mettent en lumière le retard français en matière d’apprentissage et de formation artistique dans les métiers d’art, ont un effet explosif. Il décide alors de faire de Saint-Etienne un terrain de démonstration des idées qu’il a tirées de ses observations. Aidé des plus prestigieux fabricants et soutenu par les ouvriers, Marius Vachon réorganise en 1889 le musée de fabrique en Musée d’Art et d’Industrie. Marius Vachon conçoit le musée comme une véritable arme économique. Lieu de conservation (on y trouve une collection de Beaux-Arts, de rubanerie et d’armurerie), il se veut surtout lieu de formation et d’émulation pour les artistes stéphanois, dessinateurs de rubans et graveurs d’armes, issus de l’École Régionale des Arts Industriels.
Au début du XXe siècle, le musée connaît de nombreux heurts liés aux transformations et difficultés subies par les industries d’art. La fin des années 1980 voit le musée d’Art et d’Industrie essaimer sur trois sites, tant les collections et activités se sont développées. Le Musée d’Art et d’Industrie se recentre sur des collections d’art industriel diversifiées à partir des armes, cycles, rubans. La collecte de pièces contemporaines reste d’actualité, d’autant que le tissu industriel régional est en pleine rénovation. Le musée reste attentif à l’émergence des nouvelles industries d’art.

Historique de l’édifice

Niché à flanc de coteau, dans l’excavation laissée par une ancienne carrière de schiste, le bâtiment occupé aujourd’hui par le musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne a connu diverses modifications depuis sa construction, dans la seconde moitié du XIXe siècle. Sa forme aussi a changé, et les façades ont été de nombreuses fois modifiées : dans un premier temps, il semble que le grand escalier central était à l’air libre. Dans l’immédiat après-guerre, un étage supplémentaire est construit, mettant au même niveau les deux ailes latérales et le corps central qui, jusque là, était un niveau plus bas. Nouvellement installée au sous-sol, la petite galerie de mine a laissé à tous les écoliers stéphanois de nostalgiques souvenirs d’une visite en wagonnets roulant sur des rails dans la poussière de charbon, au cœur du dédale des sous-sols voûtés et humides. Lors de la rénovation complète du musée, lancée en 1996, les collections furent clairement réparties par l’équipe de la conservation : les cycles sont dans l’ancien sous-sol ; les rubans et les métiers à tisser au second niveau ; le troisième niveau est consacré aux expositions temporaires et à la documentation ; enfin, le dernier niveau est affecté aux armes. Le parti pris muséographique pour chaque collection était, sur une base chronologique, de toujours faire correspondre les œuvres avec leur système de production et avec l’usage social qui en était fait : à chaque métier à tisser, replacé dans son contexte industriel et dans la chaîne de production, correspondent ainsi des vitrines où sont exposés les produits de ce métier, mais aussi l’évocation de l’usage de ces rubans. Ce principe muséo-graphique fait du musée d’Art et d’Industrie de Saint- Etienne un espace particulièrement vivant et inséré dans l’activité stéphanoise.
Les métiers fonctionnent, les ateliers d’armurerie aussi, et les pièces exposées sont souvent emblématiques de la ville, tel le fusil "Idéal" de Manufrance. Présenter les œuvres de manière à garder leur fraîcheur et leur vie tout en les protégeant, en les valorisant et en les "expliquant" était tout l’enjeu de la rénovation du musée. Pour cela, il fallait tout d’abord réussir la rénovation du bâtiment lui-même, massif qui ne répondait plus aux normes de sécurité et aux exigences actuelles de la conservation, avant même d’exposer les œuvres.

La rénovation

La restructuration d’un bâtiment colossal

Grand bâtiment de superbe structure, tout de pierre, symétrique et austère, d’ordonnancement classique, le musée dispose d’un emplacement exceptionnel enchâssé dans un écrin de verdure et dominant un ensemble de places en plein cœur de Saint-Etienne. Au fur et à mesure des découvertes inhérentes à l’ancienneté du bâtiment et à la nature du terrain, le projet a connu de grandes évolutions, mais le parti architectural est resté le même, axé sur quatre thèmes : fluidité des circulations verticales, création d’une extension vers l’arrière du bâtiment permettant de mieux créer la liaison avec le parc environnant, aménagement du sous-sol en un vrai espace muséo-graphique, mise en valeur du bâtiment d’origine en le débarrassant autant que possible des ajouts malheureux et en soulignantla beauté des volumes existants.

La modernité

Au service de la médiation vers les publics

Poursuivant sa vocation d'ouverture au public, le musée a développé un important travail de médiation, fondé sur l’expérience du pôle muséal stéphanois et dynamisé par une utilisation originale du multimédia. La création d’un langage écran à l’ergonomie étudiée facilite l’accessibilité des données aux publics les moins initiés.
Une multiplicité de supports, offrant la part belle au multimédia, jalonne le parcours de manière à répondre au mieux aux attentes du grand publiccomme des spécialistes.
L’information y est déclinée par degrés, permettant à chacun d’approfondir librement ses connaissances. Les textes courts figurant sur les panneaux se trouvent ainsi développés sur des écrans tactiles, diffusant des images fixes ou animées, situant le contexte historique, économique et social. Dans le hall d’entrée, une borne d’accueil permet au visiteur d’établir un parcours personnalisé. Pour les plus curieux, des écrans supplémentaires, de plus petite taille, accompagnent les pièces exposées et abordent des points précis d'ordre technique et contextuel, grâce à l’utilisation d’images 2D et 3D, sur film DVD.
Les divers aspects de la nouvelle démarche adoptée offrent au public autant d'occasions de se faire le propre guide de sa visite.