Fils Cara, un satellite stéphanois de la scène musicale

Publié le 01/12/2022

Fils Cara, un satellite stéphanois de la scène musicale

Son hypnotique « T'es belle », premier single d'un premier album dont la sortie est prévue au printemps, est disponible sur toutes les plateformes depuis fin octobre. Et risque de faire tourner quelques têtes. A Saint-Étienne, dans la galaxie des Zed Yun Pavarotti et autres Terrenoire qui éblouissent la scène musicale hexagonale, Fils Cara est un satellite. Rencontre...

Rendez-vous était donné à 15 h. « Ou, plutôt, 15 h 15. J'aime ces horaires un peu miroir. » À l'heure dite, le téléphone sonne. Au bout du fil, Fils Cara, Marc à l'état civil, « Fils » pour ses intimes. « La plupart des gens de mon public m'appellent "Fils". J'avais choisi ce nom de scène pour marquer la filiation avec ma mère et sa famille, qui m'ont élevé. Et c'est devenu un prénom et un nom. J'aime bien cette idée, j'aime bien l'histoire que ça raconte. »

Label histoire

L'histoire de Fils, justement, c'est celle d'un ado stéphanois qui naviguait entre rock et rap, traînait au skatepark et, entre deux rides, commence à rapper « sur des prods Youtube, un peu comme tout le monde ! » Petit à petit, il affine son style, aux interstices du rap et du rock, poli par l'écoute d'Arctic Monkeys ou Phoenix.

Et, là où l'ardeur de beaucoup s'effrite, lui s'obstine. « Je ne me suis jamais arrêté car j'ai eu la chance de faire ça avec mon petit frère, qui s'est mis au piano à fond. Il lançait des boucles de piano tous les jours, car il est hyper créatif, et j'écrivais dessus. J'écrivais beaucoup, j'avais beaucoup de choses à dire. » Sur sa vie, sur sa ville, lui qui voit « un lien évident entre écriture et géographie, car on écrit toujours de quelque part. Savoir d'où on parle, c'est important. »

Et d'où il parle, c'est Saint-Étienne. La ville où il est né et où il a grandi. Et à laquelle il aime se reconnecter, lui qui égrène avec gourmandise les rues de ses errances et les lieux « hyper cool », en vrac le Solar, Ohmnibus Studios, Le Fil, les bars, La Comète. « J'y ai joué, c'était le feu ! » 

 

Tracer sa voix

Repéré à l'aube de ses 20 ans alors qu'il travaillait en entrepôt frigorifique, il plaque tout et monte à Paris pour explorer sa créativité, développer sa pop qu'il qualifie de « sophistiquée, l'une des versions les plus sophistiquées qui soit. » Son inspiration, sa soif de transmettre, il la puise dans l'énergie d'un groupe qui demeure largement stéphanois. « Je n'aime pas trop écrire seul. Je fais pas mal de résidences avec mes gars : mon frère Francis, pianiste, Simon-Gaspar Côte, un excellent bassiste, Lucas Eschenbrenner, qui fait de l'électro extraordinaire et bosse aussi avec Terrenoire, et le réalisateur Louis-Gabriel Gonzalez. On est d'une génération qui a appris sur le tas, qui fait un peu les trucs par soi-même. On est tous un peu ingé son, musiciens, on manie le synthétiseur... Je me nourris de cette énergie collective, qui va être fondamentale pour la suite de ma carrière. »

Une carrière qui, justement, décolle. Et aujourd'hui, celui qui n'a jamais fait d'école de musique, qui a créé et appris sur le tas, écrit pour les autres. Il signe quatre chansons sur le dernier album de L'Impératrice, deux sur celui de Pauline Croze, et prépare une collaboration avec « un grand chanteur français, un ancien à la carrière immense ».

En plus de sa propre voie, qu'il trace avec la sortie de son premier album au printemps, et la tournée qui suivra. Avec l'envie de « faire écouter à la terre entière cet album qui est extraordinaire ». Dans la chaleur de sa voix, dans l'enthousiasme de ses mots, on le sent : « Je suis assez ravi de ma vie. Et toi ? »