Jacques Fayolle un matheux appliqué à la tête des Mines

Publié le 08/09/2022

Jacques Fayolle

Jusque-là directeur de Télécom Saint-Étienne qu’il a tant contribué à faire grandir, Jacques Fayolle succède à Pascal Ray à la tête de la prestigieuse école des Mines, cours Fauriel.

Les problèmes ? Jacques Fayolle les a dans la peau. Pas pour les traîner mais pour les résoudre. C’est sa passion. L’homme est matheux depuis le collège, la 4e plus exactement, « quand ça a commencé à devenir amusant. Les maths, une fois la logique saisie, c’est un jeu. » Et quand, vraiment, équation ou non, il n’a pas la solution, Jacques Fayolle met le pied sur sa seconde passion, le running, pratiqué au moins 2 heures par semaine. « Après 10 km, on a toujours les idées plus claires ! », estime le directeur de l'école des Mines Saint-Étienne.

Un Stéphanois à la tête des Mines

  lui offre l’écrin idéal aux éclaircies. « J’ai refusé de belles opportunités parce que je ne veux pas quitter cette qualité de vie. J’habite juste à côté de Saint-Étienne, alors quand je me plains à d’autres directeurs que maintenant, j’ai 6 minutes de trajet en plus... Bon, je le fais exprès ! »
Fils d’une institutrice et d’un géomètre, Jacques Fayolle grandit à Lorette, effectuant à l'université Jean-Monnet ses études de mathématiques, vite associées à l’informatique. À ce sujet, il publie en 1996 une thèse sur l’étude d’algorithmes de traitement d’images. À quoi ça a servi ? « À l’industrie automobile. Les maths, ce n’est pas une fin en soi. C’est l’application qui importe. C’est pourquoi je me suis tourné vers l’ingénierie. »

Engagé par l’université stéphanoise comme maître de conférences dans la foulée du doctorat, il devient directeur adjoint puis, de 2012 à mai dernier, directeur de sa pépinière d’ingénieurs informaticiens : Télécom, ex-Istase. « Ça a été un tournant : je suis passé au rôle de gestionnaire, développeur, en quête de financements. » Avec succès : sous sa direction, l’école double de taille, gagnant des dizaines de places au sein des classements internationaux.

Développement durable et RSE

Des projets, Jacques Fayolle n’en manque pas non plus pour les Mines, prestigieuse institution (2 500 élèves et trois campus) formant depuis 200 ans des ingénieurs de très haut niveau. Mais « la concurrence est telle qu’il faut en permanence faire du neuf. Rester stable, c’est régresser », note-t-il avec un flegme égalé par sa seule simplicité.

Aussi, il espère bien creuser le nouveau sillon des Mines, en ajoutant à la santé et l’industrie du futur : développement durable et responsabilité sociétale des entreprises (RSE). « L'objectif est de devenir LA référence sur cet enjeu majeur. Mines Saint-Étienne et l'Institut Mines Télécom font de la transition écologique un de leurs axes stratégiques prioritaires. »
L’école est sur la bonne voie : la politique déjà initiée dans ce domaine lui a valu une apparition remarquée dans « The Impact », classement mondial des établissements d’enseignement supérieur les plus avancés sur ces sujets du « Times Higher Education », prestigieux mensuel britannique.