Maxime Donot-Saby, membre du Théâtre de la Grille Verte

Publié le 22/03/2024

Maxime Donot-Saby, membre du Théâtre de la Grille Verte

Membre actif du Théâtre de la Grille Verte (TGV) qui célèbre ses 50 ans, Maxime Donot-Saby prolonge une aventure artistique et culturelle lancée par son aïeul, Jean Saby. Ce dernier est ancien cheminot et ancien président de la Fédération nationale des compagnies de théâtre et d’animation (FNCTA).

50 ans d'histoire théâtrale

De solides fauteuils de cuir vert, s’étalant dans une pente douce vers une large scène, une poignée de projecteurs accrochés au faux plafond, des murs colorés de rouge... À Saint-Étienne, plus de 50 ans après sa naissance, le Théâtre de la Grille Verte est resté dans son jus, ou presque.

Cette institution, nichée au sous-sol d’une église, dans le quartier de Tardy, a une drôle d’histoire.
Maxime Donot-Saby la raconte à l’envie. Bénévole, metteur en scène et aussi homme à tout faire, il est aussi... le petit-fils de son fondateur.

« À l’origine, explique-t-il, c’était un lieu paroissial dans lequel il y avait des activités artistiques, des projections de cinéma… Et puis, parce qu’elle est restée quelques années à l’abandon, quelqu’un a émis, un jour, l’idée de la transformer en garage afin de faciliter le stationnement des fidèles qui allaient à la messe (l’église Notre-Dame de Lourdes est située juste au-dessus, N.D.L.R.). Le prêtre de l’époque s’y est opposé et a proposé à mon grand-père, Jean Saby, de la lui louer. Il était alors contrôleur de train et donnait des cours de théâtre au sein d’une section de l’Union artistique et intellectuelle des cheminots français (UAICF), sur le site de la gare de Châteaucreux. »

Jean Saby avait assisté à la naissance et à l’installation de La Comédie, le Centre dramatique national, à Saint-Étienne. « Il avait vu des pièces de Jean Dasté à la salle Jeanne d’Arc, dans le cadre de la décentralisation théâtrale, et ça avait été une révélation pour lui », poursuit Maxime. « C’est ainsi qu’est né le Théâtre de la Grille Verte »... Le TGV, pour le clin d’oeil !  

Régisseur... dès l’âge de 11 ans

Enfant, Maxime Donot-Saby a commencé par jouer avec ses frères dans cette salle de la rue Alfred-Colombet, transformée et équipée au fil des ans par son grand-père et ses amis cheminots.
Il a ensuite dépanné en régie dès l’âge de 11 ans alors que sa mère avait intégré la troupe de comédiens amateurs.« C’était normal pour moi de venir là, les soirs, après l’école, après les cours, les week-ends... »

Le jeune Stéphanois a lui aussi joué sur la scène avant de partir poursuivre ses études en sciences politiques, à Toulouse, puis à l’École nationale supérieure d’arts et techniques du théâtre (Ensatt), à Lyon, tout en continuant à faire du théâtre et un peu de mise en scène.

L’esprit de la décentralisation et de l’éducation populaire

Maxime Donot-Saby a retrouvé Saint-Étienne en 2022, au hasard d’une nomination professionnelle en tant que chargé de production et de diffusion... à La Comédie de Saint-Étienne. Il est aussi revenu, tout naturellement, au Théâtre de la Grille Verte.
Sa mère y est toujours responsable de la troupe et coordonne la programmation (un rendez-vous par mois, le vendredi) et les accueils (répétitions, résidences, concerts...).
Maxime, lui, y fait de la mise en scène, de la direction d’acteurs, des ateliers, des petits travaux d’entretien… C’est lui, par exemple, qui a imaginé Cinquante, le spectacle anniversaire des 50 ans du TGV avec Camille Nauffray, dramaturge rencontrée à l’Ensatt. La pièce raconte l’histoire de ce lieu « à part un peu intermédiaire, mais qui, malgré tout, possède une bonne installation technique et qui est devenu une partie intégrante de notre histoire familiale », témoigne le petit-fils de Jean Saby.

Une salle de 230 places marquée par l’esprit de la décentralisation et de l’éducation populaire et toujours animée par des bénévoles.
« Elle a une âme et c’est chez moi, dit Maxime. J’y retrouve tous les fantômes de mes héros ».

Théâtre de la Grille Verte