Saint-Étienne, nid préféré et protégé des martinets

Publié le 07/09/2022

martinet à ventre blanc

Le conseil municipal a voté un plan de sauvegarde du martinet à ventre blanc, cet oiseau migrateur étonnant qui, à la belle saison, prend place dans notre bâti comme nulle part ailleurs.

La plus grande colonie connue en France de martinets à ventre blanc

Espèce migratrice qui revient à la belle saison en Europe méridionale, le martinet à ventre blanc a la caractéristique étonnante de passer le plus clair de son temps en vol. Jusqu’à… 200 jours par an, 24 h/24 !

Même pour s’accoupler ou encore dormir. « Il ne s’arrête que pour nicher », note François Jeanne, directeur Loire de la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) Auvergne Rhône-Alpes. L’association, partenaire de la Ville, a communiqué en début d’année le résultat d’un recensement effectué depuis 2019 à Saint-Étienne. Résultat ? Plus de 850 lieux de nidification identifiés. Ce qui en fait la plus grande colonie connue en France !

Mais là où l’oiseau au ventre et à la gorge immaculés (ses ailes et le dos sont brun-gris) déniche normalement son domicile dans les anfractuosités des falaises, à Saint-Étienne, c’est bien le bâti des hommes qu’il occupe de mi-mars à mi-octobre !
D’où le vote fin juin 2022, au conseil municipal, d’un plan de sauvegarde. Car la Ville, qui mène une politique de rénovation urbaine active, compte bien prendre soin de son hôte volant.

Mystère stéphanois

« Nous sommes dans la continuité de notre politique de développement durable, de préservation de la biodiversité menée depuis 2014 », souligne Christiane Michaud-Farigoule, adjointe en charge du Développement durable et de la biodiversité.
Ce plan consiste en « une convention avec la LPO permettant de finaliser l’état des lieux de l’espèce, de synthétiser, cartographier et numériser les données recueillies, d’étudier ce qui se fait déjà ailleurs pour l’adapter à Saint-Étienne et de communiquer afin d’améliorer la prise en compte de cette espèce », liste-t-elle.

Des fiches action seront réalisées et destinées au service urbanisme, aux bailleurs et aux entreprises intervenant sur le bâti stéphanois pour préserver cette espèce protégée.

Au passage, le plan profitera aussi au cousin, un peu plus petit et plus commun que le martinet à ventre blanc, le martinet noir. Celui-ci est aussi stéphanois, mais de début avril à fin août, et également protégé par la loi. Connue depuis plus de 300 ans en France, la reproduction de cette espèce à Saint-Étienne est, elle, documentée depuis la fin des années 60.
Le martinet à ventre blanc, lui, n’a été repéré pour la première fois qu’en 1989. Mais pourquoi s’est-il brusquement installé chez nous exactement ? Voilà un mystère à la stéphanoise !