C'est l'œuvre de l'artiste Stéphanois Gilles ROUSSI, commémorant l'abolition de l'esclavage. Elle s'élève square Victor Schœlcher à Saint-Étienne.
Qui est Victor Schœlcher (1804-1893) ?
C'est un journaliste et homme politique français qui a agi en faveur de l'abolition définitive de l'esclavage en France, via le décret d'abolition, signé par le gouvernement provisoire de la deuxième République le 27 avril 1848. Sur décision de l'Assemblée nationale, le corps de Victor Schœlcher est déposé au Panthéon le 20 mai 1949, auprès des grands Hommes et Femmes de la République.
Des textes à découvrir
Cette œuvre vous présente, au moyen de QR codes, des citations et, chaque année, un texte original différent d’un écrivain qui a participé à la Fête du Livre de Saint-Étienne.
Minerai noir de René Depestre
« Quand la sueur de l'Indien se trouva brusquement tarie par le soleil
Quand la frénésie de l'or draina au marché la dernière goutte de sang indien
De sorte qu'il ne resta plus un seul Indien aux alentours des mines d'or
On se tourna vers le fleuve musculaire de l'Afrique
Pour assurer la relève du désespoir Alors commença la ruée vers l'inépuisable
Trésorerie de la chair noire
Alors commença la bousculade échevelée
Vers le rayonnant midi du corps noir
Et toute la terre retentit du vacarme des pioches
Dans l'épaisseur du minerai noir
Et tout juste si des chimistes ne pensèrent
Au moyen d'obtenir quelque alliage précieux
Avec le métal noir tout juste si des dames ne
Rêvèrent d'une batterie de cuisine
En nègre du Sénégal d'un service à thé
En massif négrillon des Antilles
Tout juste si quelque curé
Ne promit à sa paroisse
Une cloche coulée dans la sonorité du sang noir
Ou encore si un brave Père Noël ne songea
Pour sa visite annuelle
A des petits soldats de plomb noir
Ou si quelque vaillant capitaine
Ne tailla son épée dans l'ébène minéral
Toute la terre retentit de la secousse des foreuses
Dans les entrailles de ma race
Dans le gisement musculaire de l'homme noir
Voilà de nombreux siècles que dure l'extraction
Des merveilles de cette race
O couches métalliques de mon peuple
Minerai inépuisable de rosée humaine
Combien de pirates ont exploré de leurs armes
Les profondeurs obscures de ta chair
Combien de flibustiers se sont frayé leur chemin
A travers la riche végétation des clartés de ton corps
Jonchant tes années de tiges mortes
Et de flaques de larmes
Peuple dévalisé peuple de fond en comble retourné
Comme une terre en labours
Peuple défriché pour l'enrichissement
Des grandes foires du monde
Mûris ton grisou dans le secret de ta nuit corporelle
Nul n'osera plus couler des canons et des pièces d'or
Dans le noir métal de ta colère en crues. »
René Depestre, Minerai noir, Editions Présence africaine,1956
Réflexions sur les hommes nègres - février 1788
Olympe de Gouges 1748 – 1793
Revenons à l'effroyable sort des Nègres ; quand s'occupera-t-on de le changer, ou du moins de l'adoucir ? Je ne connais rien à la Politique des Gouvernements ; mais ils sont justes, et jamais la Loi Naturelle ne s'y fit mieux sentir. Ils portent un œil favorable sur tous les premiers abus. L'homme partout est égal. Les Rois justes ne veulent point d’esclaves ; ils savent qu'ils ont des sujets sou mis, et la France n'abandonnera pas des malheureux qui souffrent mille trépas pour un, depuis que l'intérêt et l'ambition ont été habiter les îles les plus inconnues. Les Européens avides de sang et de ce métal que la cupidité a nommé de l'or, ont fait changer la Nature dans ces climats heureux. Le père a méconnu son enfant, le fils a sacrifié son père, les frères se sont combattus, et les vaincus ont été vendus comme des bœufs au marché. Que dis-je ? c'est devenu un Commerce dans les quatre parties du monde.
Un commerce d’hommes ! . . . grand Dieu ! et la Nature ne frémit pas ! S'ils sont des animaux, ne le sommes-nous pas comme eux ? et en quoi les Blancs diffèrent-ils de cette espèce ? C'est dans la couleur. . . Pourquoi la Blonde fade ne veut-elle pas avoir la préférence sur la Brune qui tient du mulâtre ? Cette tentation est aussi frappante que du Nègre au Mulâtre. La couleur de l'homme est nuancée, comme dans tous les animaux que la Nature a produits, ainsi que les plantes et les minéraux. Pourquoi le jour ne le dispute-t-il pas à la nuit, le soleil à la lune, et les étoiles au firmament ? Tout est varié, et c'est là la beauté de la Nature. Pourquoi donc détruire son Ouvrage ?
L'homme n'est-il pas son plus beau chef-d'œuvre ? L'Ottoman fait bien des Blancs ce que nous faisons des Nègres : nous ne le traitons cependant pas de barbare et d'homme inhumain, et nous exerçons la même cruauté sur des hommes qui n'ont d'autre résistance que leur soumission.
Mais quand cette soumission s'est une fois lassée, que produit le despotisme barbare des habitants des Isles et des Indes ? Des révoltes de toute espèce, des carnages que la puissance des troupes ne fait qu'augmenter, des empoisonnements, et tout ce que l'homme peut faire quand une fois il est révolté. N'est-il pas atroce aux Européens, qui ont acquis par leur industrie des habitations considérables, de faire rouer de coups du matin au soir ces infortunés qui n'en cultiveraient pas moins leurs champs fertiles, s'ils avaient plus de liberté et de douceur ? Leur sort n'est-il pas des plus cruels, leurs travaux assez pénibles, sans qu'on exerce sur eux, pour la plus petite faute, les plus horribles châtiments ? On parle de changer leur sort, de proposer les moyens de l'adoucir, sans craindre que cette espèce d'hommes fasse un mauvais usage d'une liberté entière et subordonnée.
Je n'entends rien à la Politique. On augure qu'une liberté générale rendrait les hommes Nègres aussi essentiels que les Blancs : qu'après les avoir laissés maîtres de leur sort, ils le soient de leurs volontés : qu'ils puissent élever leurs enfants auprès d'eux. Ils seront plus exacts aux travaux, et plus zélés. L'esprit de parti ne les tourmentera plus, le droit de se lever comme les autres hommes les rendra plus sages et plus humains. Il n'y aura plus à craindre de conspirations funestes. Ils seront les cultivateurs libres de leurs contrées, comme les Laboureurs en Europe. Ils ne quitteront point leurs champs pour aller chez les Nations étrangères.
Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs, 1952 (Martinique, Antilles)
« Je suis nègre et des tonnes de chaînes, des orages de coups, des fleuves de crachats ruissellent sur mes épaules. Mais je n'ai pas le droit de me laisser ancrer. (...) Je n'ai pas le droit de me laisser engluer par les déterminations du passé. Je ne suis pas esclave de l'Esclavage qui déshumanisa mes pères. (...) Moi, l'homme de couleur, je ne veux qu'une chose : Que jamais l'instrument ne domine l'homme. Que cesse à jamais l'asservissement de l'homme par l'homme. C'est-à-dire de moi par un autre. Qu'il me soit permis de découvrir et de vouloir l'homme, où qu'il se trouve. Le nègre n'est pas. Pas plus que le Blanc. »
Martin Luther King, I have a dream, 28 août 1963 (États-Unis)
« I have a dream that one day out in the red hills of Georgia, the sons of former slaves and the sons of former slave owners will be able to sit down together at the table of brotherhood. (...) I have a dream that my four little children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin but by their character. I have a dream today. (:.) I have a dream that one day down in Alabama, (...) little black boys and black girls will be able to join hands with little white boys and white girls assisters and brothers. I have a dream today." "Je rêve qu'un jour, sur les rouges collines de Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d'esclaves pourront s'asseoir ensemble à la table de la fraternité. (...) Je rêve que mes quatre petits-enfants vivront un jour dans un pays où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau, mais à leur caractère. Je fais aujourd'hui un rêve ! (...) Je rêve qu'un jour, même en Alabama, (...) les petits garçons noirs et les petites filles noires, les petits garçons blancs et les petites filles blanches, pourront tous se prendre par la main, comme frères et sœurs. Je fais aujourd'hui un rêve ! »
Texte rédigé par l’association antillo-guyanaise « Les amis d’Outre-mer »
Nous portons en nous une mémoire qui ne nous appartient pas seulement. Elle est faite de chaînes brisées, de cris étouffés, de silences imposés. Nous ne sommes pas nés esclaves, mais nous marchons dans les traces de ceux à qui l’on a volé jusqu’au droit d’être humains. Quand nous pensons à l’esclavage, ce n’est pas une page lointaine d’un livre d’histoire. C’est une douleur qui traverse les générations, une blessure invisible qui a façonné des vies, des regards, des destins. On a réduit des hommes, des femmes, des enfants à des corps sans voix, à des forces de travail sans âme. On leur a arraché leur nom, leur langue, leur dignité. Et pourtant, malgré l’horreur, nous ressentons aussi une immense force. Celle de celles et ceux qui ont résisté, qui ont refusé de se laisser définir par leurs chaînes. Leur courage résonne encore en nous. Il nous rappelle que la liberté n’est jamais acquise sans combat. L’abolition de l’esclavage n’est pas seulement une date. C’est un cri. Un soulèvement de l’humanité contre l’injustice. C’est le moment où l’on a enfin reconnu que nul ne peut posséder un autre être humain. Mais nous savons aussi que l’abolition n’a pas effacé les cicatrices. Elle a ouvert un chemin, fragile, vers plus de justice.
Aujourd’hui, nous nous sentons dépositaires de cette histoire. Nous avons le devoir de nous souvenir, de comprendre, de transmettre. Car oublier serait trahir. Et se taire serait laisser renaître l’inacceptable. Nous voulons croire que chaque pas vers l’égalité, chaque parole contre l’injustice, honore ceux qui n’ont pas eu la chance d’être libres. Nous voulons croire que leur souffrance n’a pas été vaine, qu’elle a semé les graines d’un monde plus humain. Et au fond de nous, une conviction demeure : la liberté est un droit, jamais un privilège. « L’oppression ne détruit pas seulement les opprimés, elle déshumanise aussi ceux qui la pratiquent. C’est en libérant les opprimés que l’on libère aussi l’humanité tout entière - Nelson Mandela
Toni Morrison, Beloved, 1987 (États-Unis)
« Yonder they do not love your flesh. They despise it. They don't love your eyes; they'd just as soon pick em out. No more do they love the skin on your back. Yonder they flay it. And O my people they do not love your hands. Those they only use, tie, bind, chop off and leave empty. Love your hands! Love them. (...) You got to love it, you!" « Là-bas, dans le pays, ils n'aiment pas votre chair. Ils la méprisent. Ils n'aiment pas vos yeux ; ils préféreraient vous les arracher. Pas plus qu'ils n'aiment la peau de votre dos. Là-bas, ils la fouettent. Et, Ô mon peuple, ils n'aiment pas vos mains. Ils ne font que s'en servir, les lier, les enchaîner, les couper et les laisser vides. Aimez vos mains ! Aimez-les ! (...) C'est vous qui devez aimer tout cela, vous ! »
Aimé Césaire, Cahier d'un retour au pays natal, 1939 (Martinique, Antilles)
« Et ce pays cria pendant des siècles que nous sommes des bêtes brutes ; Que les pulsations de l'humanité s'arrêtent aux portes de la nègrerie ; que nous sommes un fumier ambulant hideusement prometteur de cannes tendres et de cotons soyeux et l'on nous marquait au fer rouge et nous dormions dans nos excréments et l'on nous vendait sur les places et l'aune de drap anglais et la viande salée d'Irlande coûtaient moins cher que nous, et ce pays était calme, tranquille, disant que l'esprit de Dieu était dans ses actes. (...) J'entends de la cale monter les malédictions enchaînées, les hoquètements des mourants, le bruit d'un qu'on jette à la mer... les abois d'une femme en gésine... des raclements d'ongles cherchant des gorges... des ricanements de fouet... des farfouillis de vermine parmi des lassitudes... »
Léopold Sedar Senghor, Elégie pour Martin Luther King, 1977 (Sénégal)
« Et je sens dans la moelle de mes os déposées les voix et les larmes, hã ! déposé le sang De quatre cents années, quatre cents millions d'yeux deux cents millions de cœurs deux cents millions de bouches, deux cents millions de morts Inutiles. »
Charte du Manden, l’une des plus anciennes déclarations des droits humains réécrite par Youssouf Tata « Soundjata, la gloire du Mali » 1991 (Mali)
Les chasseurs déclarent : Toute vie humaine est une vie. (...) La guerre ne détruira plus jamais de village Pour y prélever des esclaves ; C'est-à-dire que nul ne placera désormais le mors dans la bouche de son semblable Pour aller le vendre ; Personne ne sera non plus battu, À fortiori mis à mort, Parce qu'il est fils d'esclave. (...) L'essence de l'esclavage est éteinte ce jour, D'une frontière à l'autre du Manden ; La razzia est bannie à compter de ce jour au Manden. (...) Chacun dispose désormais de sa personne, Chacun est libre de ses actes, Chacun dispose désormais des fruits de son travail. Tel est le serment du Manden À l'adresse des oreilles du monde entier.
Lettre adressée à Vioménil, gouverneur de la Martinique, par le nègre libre Alexis Casimir, 1789 (Martinique, Antilles)
« Tous les esclaves, d'une voix unanime, ne font qu'un cri (...), pour réclamer une liberté qu'ils ont justement gagnée par un siècle de souffrances et de servitude ignominieuse. »
Moi, Tituba sorcière... Maryse Condé
On pendit ma mère. Je vis son corps tournoyer aux branches basses d'un fromager. Elle avait commis le crime pour lequel il n'est pas de pardon. Elle avait frappé un Blanc. Elle ne l'avait pas tué cependant. Dans sa fureur maladroite, elle n'était parvenue qu'à lui entailler l'épaule. On pendit ma mère. Tous les esclaves avaient été conviés à son exécution. Quand, la nuque brisée, elle rendit l'âme, un chant de révolte et de colère s'éleva de toutes les poitrines que les chefs d'équipe firent taire à grands coups de nerf de bœuf. Moi, réfugiée entre les jupes d'une femme, je sentis se solidifier en moi comme une lave, un sentiment qui ne devait plus me quitter, mélange de terreur et de deuil. On pendit ma mère. Quand son corps tournoya dans le vide, j'eus la force de m'éloigner à petits pas, de m'accroupir et de vomir interminablement dans l'herbe. Pour une esclave, la maternité n'est pas un bonheur. Elle revient à expulser dans un monde de servitude et d'abjection, un petit innocent dont il lui sera impossible de changer la destinée. Pendant toute mon enfance, j'avais vu des esclaves assassiner leurs nouveau-nés en plantant une longue épine dans l'œuf encore gélatineux de leur tête, en sectionnant avec une lame empoisonnée leur ligament ombilical ou encore, en les abandonnant de nuit dans un lieu parcouru par les esprits irrités. Pendant toute mon enfance, j'avais entendu des esclaves échanger les recettes des potions, des lavements, des injections qui stérilisent à jamais les matrices et les transforment en lambeaux tapissés de suaires écarlates.
Chimère d’en ville (1985) Raphaël CONFIANT
Noirceur : Noir. J’écris ce mot partout. Je le griffonne sur ma table du cours d’adultes. Je l’inscris avec une pointe de charbon de bois sur le premier mur rencontré. Hier, Rigobert s’était moqué de moi : « À ce qu’il parait, notre chère Adélise est en train de faire un dictionnaire ! Ha, ha, ha ! je suis sûre qu’elle n’osera jamais y mettre « noir ». Le bougre se trompait. Il n’y a rien de plus noble que la noirceur quand on cesse de se regarder avec les yeux des blancs. Ceux-ci nous ont appris à la haïr et parfois, nous avons envie d’enlever cette peau que Dieu nous a baillée comme il s’agissait d’un vêtement affreux. J’ai beaucoup lutté contre ce sentiment. Je l’ai dompté petit à petit et aujourd’hui, quand Homère, Rigobert ou Carmélise se mettent à dénigrer leur race, je me tais et me tiens très à distance d’eux. Je ferme à moitié les yeux et je vois la mer Noire, le ciel noir, les astres noirs, le soleil noir. Le monde en son entier se drape de noirceur et alors je sens comme une vague d’apaisement descendre en moi et m’envelopper l’âme. Même monsieur Jean, à qui j’ai tenté d’expliquer cette sensation-là, s’est montré sceptique. Il croit que le nègre a encore beaucoup de chemin à parcourir avant que le blanc ne lui baille, honneur et respect. Il parle tout le temps du savoir. « Le savoir avec un grand S, s’exclame -t-il, celui dont trois siècles d’esclavage nous ont privés. » Lui aussi se gausse de mon dictionnaire créole. Décidément, il n’y a personne autour de moi pour mesurer notre pesant de noirceur et pourtant il vaut plus que de l’Or.
Extrait de la loi du 21 mai 2001, portée par Christiane Taubira
Aujourd’hui, en ce 10 mai, nous nous souvenons. Nous nous souvenons de millions d’hommes, de femmes et d’enfants arrachés à leur terre, à leur histoire, à leur liberté. Et pour dire cette vérité, nous reprenons les mots de la loi : « La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité. » Un crime contre l’humanité. Ces mots sont forts. Ils disent l’ampleur de la violence, mais aussi la nécessité de ne jamais oublier. Se souvenir, c’est reconnaître. Se souvenir, c’est transmettre. Se souvenir, c’est refuser que de telles injustices se reproduisent.
Jennifer RICHARD
Qui balaie l’histoire d’un revers de main et prétend ne pas se sentir concerné par les souffrances de l’esclavage est soit un tyran soit un inconscient.
Cette notion, de même que celle de Liberté, ne se rattache pas uniquement à une honteuse pratique du passé, ni à un statut juridique archaïque. Leur profondeur philosophique et spirituelle dépassent l’appartenance à un peuple, transcendent les lieux et les époques. La Liberté est la condition essentielle de l’homme. Celui qui vit dans la crainte de l’autre est un esclave. Est libre celui qui a conscience que nulle entité sur terre ne peut légitimement exercer une quelconque autorité sur lui.
Ainsi est-il absurde, en tant qu’être humain, de refuser la responsabilité qui nous incombe : chérissons la liberté lorsqu’elle nous anime, battons-nous pour la préserver lorsqu’elle nous échappe, et gardons-nous de porter atteinte, sous quelque prétexte que ce soit, à celle de notre prochain. C’est là notre combat fondamental.
Écrivain franco-américain, d’origine guadeloupéenne, Jennifer Richard est l’auteur de « Il est à toi ce beau pays », fresque tragique et monumentale de la colonisation de l’Afrique.