Portraits : Laura Loisel et Ali Lounis Wallace, fondateurs de Pivert Funéraire

Laura Loisel est avocate, Ali Lounis Wallace comédien. Rien ne les prédestinait à se lancer dans le secteur du funéraire. Et pourtant ! Avec le soutien de Saint-Étienne Métropole, ils développent des cercueils écoconçus au sein de leur entreprise, Pivert Funéraire.

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un homme et une femme souriants, entourés de bananiers et palmiers - Agrandir l'image, fenêtre modale
© Jérôme Abou / Ville de Saint-Étienne

Un cercueil éco-conçu pour faire évoluer les pratiques

L’idée est née pendant le confinement de 2020. Bloqués en Haute-Loire dans la maison familiale de son grand-père qui vient de décéder, Laura Loisel et son compagnon, Ali Lounis Wallace, réfléchissent à un projet professionnel commun porteur de sens. Elle est une jeune avocate spécialisée en droit de la concurrence dans un cabinet parisien renommé. Lui est comédien et metteur en scène. 

Nous avons pris conscience d’un monde qui allait forcément changer et nous avons décidé de consacrer notre énergie à cette transition. C’est une visite au cimetière qui a agi comme un déclic.

rappelle le couple

Face aux monuments en granit et aux cercueils en bois massif, ils découvrent un secteur où les enjeux environnementaux sont quasi absents.

Des cercueils en bois recyclé, colza et tournesol

Le moment est favorable à leur réflexion. Un changement réglementaire entré en vigueur en juillet 2021 a mis fin à l’obligation exclusive d’utiliser du bois massif pour la fabrication des cercueils. 

Les deux associés se lancent dans plusieurs années de recherches (juridiques, philosophiques, environnementales…). Ils testent une trentaine de matériaux (marc de café, algues vertes, coquilles d’huîtres, drêches de bière, mycélium, déchets végétaux...) pour finalement retenir une matière composée de sous-produits issus de la production d’huile de tournesol et de colza, mélangés à des fibres de bois recyclées.

Notre objectif était simple : éviter d’abattre des arbres pour fabriquer un produit voué à la disparition.

résument Laura Loisel et Ali Lounis Wallace.

Les 700 000 décès annuels recensés en moyenne dans l’Hexagone représenteraient environ 80 000 arbres abattus chaque année.


Un premier modèle baptisé « Tournesol »

Développé par Pivert Funéraire, ce modèle affiche des performances environnementales nettement améliorées : deux fois moins d’émissions de gaz à effet de serre et neuf fois moins d’exploitation forestière qu’un cercueil traditionnel. 

Mais aussi : réduction de la visserie métallique, vernis à l’eau, poids allégé et assemblage optimisé.

Faire évoluer le rapport à la mort

Commercialisé depuis fin 2025, le cercueil est aujourd’hui distribué en France, en Belgique et en Suisse. Le couple souhaite aussi participer à l'évolution du rapport à la mort. Le cercueil peut ainsi être personnalisé : les proches peuvent y écrire un message, réaliser des dessins via des galets de cire ou y disposer des fleurs. 

« Nous voulions que les familles puissent se le réapproprier et participer à l’hommage », expliquent-ils. 

Lauréate des Trophées du funéraire 2025, hébergée par Saint-Étienne Métropole au Mixeur puis au Bâtiment des Hautes technologies, Pivert Funéraire mène à présent une levée de fonds pour accélérer son développement et structurer une équipe.