Michel Rondet a consacré une bonne partie de sa vie pour améliorer les conditions des mineurs. Il fut enterré en 1908 au cimetière du Crêt-de-Roc, où vous pouvez découvrir sa tombe restaurée par la Ville de Saint-Étienne.
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Qui était Michel Rondet ?
À Saint-Étienne, entre la place de l’Hôtel-de-Ville et le Palais de justice, une rue porte son nom. Mais connaissez-vous son histoire ?
Michel Rondet (1841 - 1908) est un syndicaliste stéphanois et de la vallée de l’Ondaine, né au lieu-dit la Mine, alors situé sur la commune du Chambon-Feugerolles.
Issu d’une famille de mineurs, il débute au fond dès l’âge de 12 ans aux Houillères de Montrambert et de la Béraudière avant de s’impliquer dans le mouvement ouvrier dont il devient un responsable. Ses activités conduisent à son licenciement en 1868, après avoir pris la défense d’un collègue renvoyé. En 1869, il soutient la grève générale du bassin minier, rendue tristement célèbre par la fusillade du Brûlé à La Ricamarie le 16 juin.
Condamné à sept mois de prison, il est gracié comme les autres détenus par ordonnance impériale. Il effectue cependant une peine de cinq ans de 1872 à 1877 pour avoir participé, bien que son rôle demeure flou, à la Commune de Saint-Étienne, au cours de laquelle le préfet de L’Épée a trouvé la mort. À sa sortie, il redevient mineur à Saint-Étienne et bénéficie d’une grande popularité dans le milieu ouvrier.
L’ascension d’un leader ouvrier
Sa carrière se tourne essentiellement vers le syndicalisme. Il participe en 1866 à la fondation puis à la gestion de la Fraternelle, société de prévoyance autogérée des ouvriers mineurs, qui regroupe trois ans plus tard près de la moitié du personnel du bassin (5 000 personnes).
Militant, il est élu secrétaire général du syndicat des mineurs de la Loire en 1881 et contribue à la création de la Fédération nationale des mineurs de France en 1883, dont il devient le premier secrétaire général.
Son envergure est dès lors nationale et il devient l’interlocuteur des ministres et des parlementaires. Ouvert au compromis, il se démarque progressivement d’autres représentants ouvriers et ne manquent pas de susciter de vives critiques chez les révolutionnaires stéphanois. La rupture est consommée lors de la grande grève des mineurs de 1888 et la chambre syndicale des mineurs de la Loire le relève de ses fonctions de secrétaire et l’expulse en novembre 1889.
Au service des droits des travailleurs
Michel Rondet participe toutefois à l’élaboration de plusieurs lois concernant le travail des ouvriers, notamment celle sur l’interdiction de l’emploi de nuit pour les enfants dans les mines en 1892 et celle sur les caisses de secours et de retraite en 1894.
Parallèlement, il est conseiller municipal à Saint-Étienne de 1888 à 1892 puis de 1895 à 1896, poursuivant son engagement dans la défense des intérêts des travailleurs sur le terrain politique.
Une mémoire toujours vivante
Michel Rondet meurt en septembre 1908 et est enterré au cimetière du Crêt-de-Roc. Pionnier d’une puissante organisation corporative, il a largement contribué à alerter les pouvoirs publics sur la gravité de la question sociale.
Une statue, réalisée par le sculpteur Joseph Lamberton, est érigée en sa mémoire à La Ricamarie en 1913 et inaugurée dix ans plus tard. Elle témoigne encore aujourd’hui de la place qu’occupe Michel Rondet dans l’histoire sociale et ouvrière du bassin stéphanois.
Sa tombe restaurée au cimetière du Crêt-de-Roc
Sa tombe, dont l’état s’était fortement dégradé, a été restaurée par la Ville de Saint-Étienne en septembre 2026 :
reprise des barrières ;
pose de bordures ;
nettoyage de la stèle et des plaques funéraires ;
remise en peinture noire des 94 lettres de la stèle.
Une intervention nécessaire pour préserver ce lieu de mémoire du patrimoine stéphanois !
👉 Des visites guidées du cimetière du Crêt-de-Roc sont régulièrement proposées par Ville d’art et d’histoire. Retrouvez les dates et inscrivez-vous sur mpl.billetterie.saint-etienne.fr